Alors, que ma belle maisonnée, endormie, ronfle la neuvième symphonie de Beethoven, je fixe de mes mirettes éreintées, la voute de ma chambre. Dans un avenir rapproché, je partirai loin de ma fratrie adorée. Ah stage linguistique, avec quelle hâte je t’attends ! Nouveau-Brunswick, je suis si empressée de te connaître toi et tes avenants habitants ! Impatiente je suis de nouer de si nouvelles amitiés lors de cet échange culturel ! Hélas, l’effroi m’habite…

 

Car je songe : de bonnes gens, des personnes ordinaires, des échantillons représentatifs de la population sont parfois cruels. Mesquin, ajouterais-je même dans une tirade semblable à celles des Dupond/Dupont… Par ces mots, j’entends bien sûr que certains poussinets sont prompts au jugement ! Ah ! Je me projette dans vos pensées et y lis (en caractère gras, doublement surligné et souligné ainsi qu’en italique) votre ennui…

Mais pourquoi vous débattrais-je donc de l’animosité supposée de certains renardeaux* ?

 

*Notez bien le talent d’écriture de l’auteure, appréciez ici l’exquise métaphore créée par celle-ci, comparant êtres humains et renardeaux sous l’angle de l’agressivité sous-jacente envers leurs compatriotes et compétiteurs potentiels !

 

Qui plus est, pourquoi diable vous écris-je ce billet à cinq heures trente du matin tapantes ? Alors qu’à mes côtés, mon chiot de compagnie ronfle telle une locomotrice ?

 

Le voyage, le voyage c'est génial! À moins que le grand méchant loup ne se pointe?

Le voyage, le voyage c’est génial! À moins que le grand méchant loup ne se pointe?

Oui, vous m’avez cernée : l’angoisse, grand méchant loup des temps modernes, me tient éveillée. Lové dans mon ventre, le grand canidé me susurre à l’oreille : lors de ton stage d’intégration culturelle, tu n’auras point d’amis ! En moi, la tentation de le croire est si forte… Mais pour vous, chers lecteurs, je ne me laisse pas dicter mes peurs : d’un coup de hache de bucheron mental, j’assassine le grand menteur lupin.

 

Celui-ci désirait me faire croire que je ne serai point en mesure de lier de nouvelles amitiés ! Malheureusement pour lui, je connais désormais la solution à cette si grande insécurité qui m’anime : t’es belle, t’es bonne, t’es capable, Gab ! Ma certitude est désormais la suivante : je serai en mesure de créer ces liens sociaux qui m’enrichissent tant !