Ceci n’est pas une histoire d’amour. Même si ton regard hante mes rêves, alors que tes yeux sont gravés à coup de laser sur mon cœur, je ne suis pas entichée de toi, loin s’en faut. Je te connaissais à peine: je savais que ton beau-père collectionnait les canettes consignées, jusqu’à ce que leur prix augmente. Il espérait si vivement, mais en vain; cela provoquait une telle hilarité chez ceux qui t’écoutaient narrer. Je savais que tu te riais des ritournelles publicitaires de nos cousins yankees et que les sciences étaient pour toi une vocation. Permets-moi de te tutoyer: tu m’as laissé un souvenir impérissable et j’ai partagé les dernières heures de tes vingt-quatre années de vie. J’ai observé ta vivace étincelle s’éteindre, alors que ton existence s’effaçait de la surface terrestre, injustement, aléatoirement, cruellement.

Tu hantes mes rêves. Je te revois, mourir, décéder, t’éteindre. Tous ces termes sont si banalement horribles, et je suis terriblement ordinaire avec mon constat. Une simple adolescente, qui s’arrache les étoiles des yeux à grand coup de crises cardiaques. Si ce texte était destiné pour mon blogue, j’ajouterais une touche d’espoir, mais les malformations cardiaques et les organes qui explosent ne me font pas voir la lumière, ils ne font qu’arracher la vie des innocents.

Je t’aurais sauvé. Si je l’avais pu. Je t’aurais donné ma vie: mais sur ce marché, aucun transfert de fonds n’est admis. Je ne t’oublierai pas; ta famille non plus. Tu resteras dans ma mémoire, jusqu’à ce que le temps m’efface de la terre et que mon corps ne soit plus qu’une charogne agitée d’asticots.

Repose en paix.