Café, je t’aime, je t’adore, sauf que…

Ton délicieux arôme amer me caresse le palais de ses fumées anxiogènes… Ma vénération pour toi est telle, que je te consomme sur une base régulière de trois à quatre fois par journée1. L’adoration que je te porte me cause des tremblements; sous ton règne, je tends à atteindre 6 sur l’échelle de Richter.

Doux café, tu me stimules d’une façon que nulle autre ne l’a fait avant toi… même si parfois, tu causes chez moi une angoisse incontrôlée! En effet, sous l’effet de ton irrésistible stimulation nerveuse, j’invente moult pentes glissantes qui me terrorisent infiniment! En effet, tu me raisonner à la façon du sophisme de la pente glissante. En effet, comment pourrais-je survivre au fait que j’ai échappé mon crayon durant un cours, puis je ne pourrais plus prendre de notes! Si je ne peux plus prendre de notes de cours, alors j’aurai de mauvais résultats scolaires! Si j’ai de mauvais résultats scolaires, alors je n’aurai pas d’emploi! Si je n’ai pas d’emploi, par désœuvrement, j’irai visiter un safari africain! Quand j’irai explorer un safari africain, je serai fascinée par les hippopotames! Et fascinée par les hippopotames, je m’approcherai trop proche de ces magnifiques gaillards et je mourrai écrasé sous leurs pas… Je serai donc une crêpe sanglante! Eh oui, par ton entremise, toi, café, la perte de mon crayon me transformera en crêpe ensanglantée!

Et comment puis-je te pardonner de me laisser m’illusionner sous ces chimères anxieuses? Toi, stimulante fève maléfique accroit mon angoisse aussi exponentiellement que tu accrois ma performance intellectuelle. Mais alors même que je t’abhorre, je t’adore.

1Conseil de « matante » : ne pas reproduire à la maison, cette prouesse digestive est effectuée par une professionnelle. Cette habitude est mauvaise pour la santé.