Le monde est régi par des moules et des structures, il ne s’agit que de l’énoncé d’une banalité. Toutefois, la créativité s’exprime lorsque l’esprit est libre, tel un lémurien dans une jungle amazonienne. Or, ces deux concepts de contrainte et d’imagination ne sont-ils pas incompatibles? La créativité repose-t-elle désormais dans son froid tombeau? En outre, l’on pourrait ajouter que tout a été dit, que rien ne reste à créer… Et que pour faire une oeuvre de qualité, il faut s’inspirer des grands. Selon ce principe, mieux vaudrait une énième reprise de « Roméo et Juliette » plutôt qu’une intrigue novatrice à base de poulets congelés extraterrestres. Pourquoi ne voudrait-on pas entendre parler de cesdites volailles congelées jalouses des fourmis terrestres? Cette question restera en suspens pour l’éternité…

Je ne peux m’empêcher de m’amuser de la croyance selon laquelle tout a été dit. Peut-être que ce qui est populaire (il ne faut pas oublier que populaire ne rime pas nécessairement avec qualité) n’est pas novateur… Ce qui est novateur peut-il être populaire? Plus important encore, ces créations peuvent-elles être appréciables? Est-ce que le récit d’une guerre entre poulets congelés extraterrestres et fourmis pourrait devenir un best-seller voire même un chef-d’oeuvre universel? L’interrogation reste entière, et certains pourront argumenter que le thème de la guerre est on ne peut plus éculé.

Alors, entrer dans le moule dans l’espoir d’être populaire ou être marginal et imaginatif? Ces deux conceptions sont-elles réellement opposées?