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Oh, cruelle angoisse!

Oh, cruelle angoisse!

La tyrannie de la création

Le monde est régi par des moules et des structures, il ne s’agit que de l’énoncé d’une banalité. Toutefois, la créativité s’exprime lorsque l’esprit est libre, tel un lémurien dans une jungle amazonienne. Or, ces deux concepts de contrainte et d’imagination ne sont-ils pas incompatibles? La créativité repose-t-elle désormais dans son froid tombeau? En outre, l’on pourrait ajouter que tout a été dit, que rien ne reste à créer… Et que pour faire une oeuvre de qualité, il faut s’inspirer des grands. Selon ce principe, mieux vaudrait une énième reprise de « Roméo et Juliette » plutôt qu’une intrigue novatrice à base de poulets congelés extraterrestres. Pourquoi ne voudrait-on pas entendre parler de cesdites volailles congelées jalouses des fourmis terrestres? Cette question restera en suspens pour l’éternité…

Je ne peux m’empêcher de m’amuser de la croyance selon laquelle tout a été dit. Peut-être que ce qui est populaire (il ne faut pas oublier que populaire ne rime pas nécessairement avec qualité) n’est pas novateur… Ce qui est novateur peut-il être populaire? Plus important encore, ces créations peuvent-elles être appréciables? Est-ce que le récit d’une guerre entre poulets congelés extraterrestres et fourmis pourrait devenir un best-seller voire même un chef-d’oeuvre universel? L’interrogation reste entière, et certains pourront argumenter que le thème de la guerre est on ne peut plus éculé.

Alors, entrer dans le moule dans l’espoir d’être populaire ou être marginal et imaginatif? Ces deux conceptions sont-elles réellement opposées?

Oh, cruelle angoisse!

Portrait d’une histoire d’amour et de haine

Café, je t’aime, je t’adore, sauf que…

Ton délicieux arôme amer me caresse le palais de ses fumées anxiogènes… Ma vénération pour toi est telle, que je te consomme sur une base régulière de trois à quatre fois par journée1. L’adoration que je te porte me cause des tremblements; sous ton règne, je tends à atteindre 6 sur l’échelle de Richter.

Doux café, tu me stimules d’une façon que nulle autre ne l’a fait avant toi… même si parfois, tu causes chez moi une angoisse incontrôlée! En effet, sous l’effet de ton irrésistible stimulation nerveuse, j’invente moult pentes glissantes qui me terrorisent infiniment! En effet, tu me raisonner à la façon du sophisme de la pente glissante. En effet, comment pourrais-je survivre au fait que j’ai échappé mon crayon durant un cours, puis je ne pourrais plus prendre de notes! Si je ne peux plus prendre de notes de cours, alors j’aurai de mauvais résultats scolaires! Si j’ai de mauvais résultats scolaires, alors je n’aurai pas d’emploi! Si je n’ai pas d’emploi, par désœuvrement, j’irai visiter un safari africain! Quand j’irai explorer un safari africain, je serai fascinée par les hippopotames! Et fascinée par les hippopotames, je m’approcherai trop proche de ces magnifiques gaillards et je mourrai écrasé sous leurs pas… Je serai donc une crêpe sanglante! Eh oui, par ton entremise, toi, café, la perte de mon crayon me transformera en crêpe ensanglantée!

Et comment puis-je te pardonner de me laisser m’illusionner sous ces chimères anxieuses? Toi, stimulante fève maléfique accroit mon angoisse aussi exponentiellement que tu accrois ma performance intellectuelle. Mais alors même que je t’abhorre, je t’adore.

1Conseil de « matante » : ne pas reproduire à la maison, cette prouesse digestive est effectuée par une professionnelle. Cette habitude est mauvaise pour la santé.