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Paniquons en beauté!

Paniquons en beauté!

Tuto: Comment être aussi magnifique qu’un cygne arc-en-ciel?

Ne suis-je point difforme? Ressemblerais-je à une ogresse biscornue et abondamment velue? Mes doigts inférieurs en palpitent de terreur. Malgré moult compliments et dévotions de la part de mes chiots de compagnie, je ne peux m’empêcher de me questionner anxieusement sur mon potentiel d’attraction amoureuse. Et si Trumuche ne me trouvait pas ravissante? Quelle importance, vous entends-je murmurer! Eh bien, estimés lecteurs électroniques, sachez qu’à ce moment, cela revêt l’importance la plus cruciale de mon esprit. Eh oui, telle est la démesure de cette déesse callipyge que je suis : mon esprit ne sait prioriser. Un individu quelconque sans aucune importance dans ma vie me qualifie de laideronne? (Insérez ici votre juron favori)! La population entière de la planète bleue ne peut qu’appuyer ses dires!

Voici ce à quoi l'on aspire tous à ressembler...

Voici ce à quoi l’on aspire tous à ressembler…

Le paragraphe précédent fait état du raisonnement raisonnablement raisonné. Cependant, sur le vif, mes cogitations ressemblent plus à celles-ci : « My goooooood, i’ m’trouve laite! Sacrebleu! Quossé que j’vas d’venir? Une mocheté comme moé, parsonne va vouloir de t’ça! M’â pas avoir d’emploi pour toujours, m’â viv’ dans ‘rue, mes jamb’sont velues pis j’aurai pas d’enfants! P’pa pis M’man vont m’renier, la poly vâ m’renvoyer, Lapin en Sucre d’orge vâ m’plaquer là, mal d’estomac, manque d’oxygène à’cervelle, idées noéres, suicide… M’â mourir! »

 

J’envisage alors une solution logique et à la portée de tous : la chirurgie esthétique maison! Qui n’a jamais expérimenté cette bonne solution à la mocheté absolue ? Alors, je m’arme de ruban à coller! Hop! Avec le papier collant, j’écarte mes paupières pour que mes mirettes paraissent plus grandioses. Finis, les petits yeux porcins! Toujours grâce au ruban adhésif, je remonte mes sourcils pour qu’ils aient l’air arqués, un peu à la Megan Fox. Waouh! Je remonte également mon nez, lui donnant un air retroussé et mutin. Disparu le nez en forme de pente de ski! Et puis, touche finale, j’orne ma bouche de deux tranches d’orange pour lui procurer cet air pulpeux et cette petite moue hollywoodienne. En bonus, une teinte mandarine orne mes nouvelles petites babines! Il suffit maintenant de convaincre mes compatriotes du naturel de mon look!

Paniquons en beauté!

Les like Facebook

Oh, le sujet tabou! Je sens les mirettes froides et fines comme l’ambre de Mark Zuckerberg peser sur ma douce nuque. Pourquoi les « j’aime » Facebook seraient-ils intrinsèquement mauvais? En soi, pas la plus petite écorchure de riquiqui infinitésimale de perniciosité n’est présente dans ce concept… Seulement… L’angoisse?

AH! Vais-je recevoir ma dose dose d'attention?

AH! Vais-je recevoir ma dose dose d’attention?

Si le peuple de ce réseau social clique relativement rarement sur le bouton « like » pour un post, est-ce parce que celui-ci est si moche? Ah, mais je maitrisais déjà cette information… Eh oui, les dents crochues dont la forme rappelle les sangliers sauvages et la peau parsemée de bosses irrégulières suppurant du sébum ne séduisent point l’entièreté de la population universelle. (Le papounet, il dit que la photo est spéciale! Unique, comme un flocon de neige!) Mais peut-être que ce physique de callipyge ne possède aucun lien avec l’insuffisance de « j’aime »… Ah mais oui! Il est clair que mes propos ne sont pas suffisamment sagaces et clairvoyants pour plaire à la majorité…

 

« Vous pouvez être frappé du manque de solidité de la plupart des écrits et des productions actuelles : tout vient du manque d’étude. » Cette citation d’Elme Carros dans son essai George Sand parait tout à fait benêt, il est vrai. Ah, mais foudroyez-moi ! Comment pourrions-nous obtenir ces précieux clics, aussi utiles que l’argent Monopoly au quotidien ?

 

Ou peut-être est-ce l’antipathie suscitée ? Il est vrai que la malveillance maléfique et le despotisme tyrannique nous mènent à commettre des actes funestement barbares. Tel Gengis Khan notre chemin se parsème d’infinies batailles, dans lesquelles les arguments tels que péquenot et greluche deviennent innombrables…

 

Et puis j’angoisse, sans fin, ces deux questions résonnent dans mon esprit : pourquoi être aussi laid ? Et aussi bête ? Au moins, nous avons des camarades non virtuels… Pas vrai, petits chiots de compagnie ? Et des passe-temps, tels qu’écrire ce blogue que peu daignent lire… Oh, angoisse, quand tu nous tiens !